Tu n'aurais pas dû te mettre à genoux,
Une épaule au sol pour mieux retrouver
Ce collier de jade ou autre bijou
Tombé disais-tu, sous le canapé.
Ton geste félin pour glisser menotte,
Joue sur le tapis, la croupe cambrée,
Me fit entrevoir, mieux que ta culotte,
- Tu n'en portais pas - ce qu'elle eût caché.
Prestement levée, regard triomphant,
Tu portais l'objet comme un vrai trophée,
Et me demandais, sourire éclatant,
De bien l'attacher sur ton cou baissé.
Le divin bourbon flattant mes papilles,
M'apparut soudain, plus fort que le feu.
Je toussais, gêné, priais ma béquille,
Trop vite dressée, de calmer son jeu.
Un instant posé sur mon indécence,
Ton regard coquin semblait ne rien voir.
Je buvais, perdu, ta fausse innocence.
Tu me pris le bras pour me faire asseoir.
Sur quoi comptais-tu pour avoir ma tête,
Ta nuque gracile ou tes cheveux fins,
Ou ton seul parfum pour qu'une tempête
Enflamme d'un coup mon cœur libertin ?
Tes lèvres charnues et ta bouche ardente,
Ont vite eu raison de mes retenues.
Tu m'as dévêtu de tes mains brûlantes
Tandis que mes doigts griffaient ton dos nu.
Je t'ai retiré bague et bracelet,
Cette fois c'est toi qui ne m'as pas vu.
Je les ai cachés sous le canapé.
L'or te va si bien quand tu l'as perdu.
Ulysse Envers sur Poesie Erotique
Photographies : Jack Sterbaxter, Zoroastre, Bruno Geraldi, Asiam, Nude Critique, Myleah
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